27 mars 2007
Tangerine Dream Springtime in Nagasaki
Tangerine Dream Springtime in Nagasaki 2007
1 Navel Of Light
a) Part I 8:02
b) Part II 14:43
c) Part III 7:41
2 Persistence Of Memory
a) Part I 6:32
b) Part II 13:10
c) Part III 3:50
Enregistré au Eastgate Studios à Vienne, en Février 2007
Edgar Froese & Thorsten Quaschning : Keyboards, synthétiseurs, électroniques et FX
Eastgate 014 Limited Edition
S’agit-il d’une autre légende Tangerine Dreamienne? Toujours est-il que l’histoire entourant la parution de Springtime in Nagasaki aura de quoi faire jaser et fabuler les fans de TD pour la prochaine décennie. Selon le guide de presse; un richissime homme d’affaires Japonais aurait contacté Edgar Froese afin qu’il compose une œuvre divisée en 5 actes, pour commémorer les 2 villes Japonaises qui ont reçues une bombe atomique en 1945, Nagasaki et Hiroshima. Chaque
Opus doit avoir une durée maximale de 54 minutes et être en édition limitée. Le mystérieux mécène aurait étudié dans ses 2 villes et serait résident d’Hiroshima lors du bombardement. Le printemps et l’été, il habite à Nagasaki. Alors que l’automne et l’hiver, il réside à Hiroshima. À 83 ans, cet étrange personnage rêve d’une 5ième saison qui serait éternelle. Vrai ou pas, c’est un excellent prélude à un 1ier opus fort intelligent et intéressant offert par Edgar depuis des lunes.
C’est avec un fracas à saveur symphonique, truffé de percussions intermittentes que débute cette 1ière partie de Springtime in Nagasaki. Navel of Light explore un côté plus atmosphérique avec un rythme lent qui progresse sur des séquences douces et légères. Le synthé est suave et onctueux, projetant de belles strates violonées qui exploitent une sonorité spectrale sur une belle ligne de basse. Une faune sonore dense et atonique aux percussions asymétriques qui s’enroulent autour d’un mouvement ondulant, alimenté de frappes orchestrales comme on retrouve sur Purgatorio. La 2ième partie offre une thématique mélodieuse sur un koto virtuel, aux accords pensifs et nostalgiques, bercé par un synthé nébuleux aux chœurs rauques, comme sur Madcap's Flaming Duty. Un beau séquenceur remue cette oisiveté astrale, épandant un tempo d’une douceur syncopée, nourri par les lamentations éraillées et des chœurs plus affriolants. La 3ième partie renoue avec une ambiance flottante, où des notes cristallines remue les modulations sur une douce séquence ondulante et un flamboyant jeu de percussions. Des percussions étonnantes et d’autres séquencées, avec une basse en cascade et des voix célestes, sur un rythme progressif mais léger.
Une séquence sautillante, nourrie de percussions et d’effets sonores tout aussi volage, ouvre Persistence Of Memory. Fluide, le tempo est hachuré sur un mouvement aux courbes insidieuses où un sax nasillard, (ou est-ce une harmonica?), croise des chœurs incertains, entremêlés d’accords de guitares échotiques et éparses, créant une cacophonie mélodieuse. Un titre étrange, sur une structure incertaine mais qui capte l’attention. Par moments, on dirait un thème de James Bond acidé. Aussi étonnant que délicieux, elle se fond sur une 2ième partie, inondée d’un synthé aux strates flottantes et enveloppantes. Des belles voix célestes se hissent au dessus de cette densité synthétique aux rythmex et sonorités incertains. Un titre lourd, aux modulations statiques où l’on croise des portions de Vivaldi sur des lamentations hybrides. Il y a un travail de montage énorme dans cette pièce, qui se calme sur un beau piano mélodieux, transporté par une sonorité nasillarde mélancolique au plus profond d’une caverne aux mille et une gouttes d’eau qui résonnent comme les notes agressives d’un piano qui se moule aux réverbérations d’une guitare aux sonorités saxophonées. Une étrange nuance qui allume les passions et qui meurt sur les cordes d’une guitare enrhumée, avant de renaître sur un rythme endiablé, torturé de magnifiques solos de synthé et de solides percussions qui martèlent un rythme galopant, à peine strobofié, sous une avalanche d’ondes synthétiques furieuses. Une 3ième partie infernale, trop courte qui s’éteint dans une grotte humide.
Springtime in Nagasaki est l’œuvre que l’on attendait, et que l’on attendait plus, depuis fort longtemps de Tangerine Dream. Ce n’est pas une suite à quoi que ce soit. Il n’y a aucun rapport avec les œuvres antérieures. Edgar a coupé le cordon, on le sait. Sauf que là il étonne et pas à peu près. Un superbe album aux mouvements ambivalents sur des structures étranges, où le rythme croise l’atonie, voire la cacophonie, avec une profondeur insoupçonnée. Le jeu des percussions et effets sonores est sublime, alors que l’avalanche sonore de Persistence Of Memory est d’une attraction qui n’a d’égal que son originalité. Il n’y a pas un fan qui peut être déçu. C’est l’œuvre que l’on attendait plus. Reste juste à savoir si il restera assez de copies pour tous.
27 janvier 2007
Madcaps Flaming Duty
Tangerine Dream Madcaps Flaming Duty 2007 (76:16)
1 Astrophel And Stella 9:47
2 Shape My Sin 4:50
3 Blessed Damozel 5:16
4 Divorce 4:46
5 Dream Of Death 7:46
6 Hear The Voice 5:08
7 Lake Of Pontchartrain 7:23
8 Mad Song 5:09
9 One Hour Of Madness 8:29
10 Man 4:47
11 Hymn To Intellectual Beauty 6:24
12 Solution Of All Problems 6:24
Enregistré dans les studios de EastGate à Vienne et TownEnd à Berlin, en Octobre 2006
Voiceprint EGVP106CD
Edgar Froese:Keyboards, E-Guitar, Dobro, Blues Harp, Bass
Thorsten Quaeschning:Keyboards, V-Drums, Steel Drums, Recorder, E-bow Guitar
Chris Hausl: Vocals
Bernhard Beibl: Electric+Accoustic Guitars, Violin, Mandolin
Linda Spa: Flûte, Didgeridoo, Cornemuse modifiée
Iris Camaa: Percussion, Drums
Gynt Beator: Irish-Bouzouki, Bodhran
Thomas Beator: Irish-Bouzouki
Pour le 40ième anniversaire de Tangerine Dream, le mécène argenté n’a pas trouvé mieux que de présenter un album de soft pop, aux antipodes de tout ce que le Rêve Mandarin nous a présenté, incluant les gros navets ergotiques des dernières années. Je ne sais pas si Edgar a toute sa conscience, si il a toute sa tête. Mais sa fin de carrière est d’une misérable tristesse où son propension à devenir plus gros que la légende, détruit la crédibilité de ses œuvres et de Tangerine Dream
On le savait tous, Madcaps Flaming Duty serait un album de chansons, dédiées à Syd Barrett, le légendaire Syd qui mis sur pied Pink Floyd. On savait que le nouveau Edgar Froese Rock Band, pardon Tangerine Dream, sous la gouverne maintenant de Thorsten Quaeschning (dehors le Jérôme) et de l’éternel Edgar Froese, utiliserait un chanteur et que les lyrics seraient liés à des vieux poèmes Anglais. Bref, les fans se croisaient les doigts dans l’espoir d’entendre une musique progressive avec un versant électronique.
Eh bien…..Même pas! Les devoirs ‘’flamboyants’’ de Madcaps sont 12 chansonnettes. De simples ballades aromatisées par des séquences vides d’émotions, des synthés très, mais très effacées. C’est même pas progressif, encore moins rock et ni électronique. Du easy listening???!!! Voilà ce que c’est. Donc moi et le easy listening , du pop pour vieux ringards, ne m’as jamais attiré. Donc le chro chro n’est plus de mon ressort. Par contre, tant qu’à l’avoir dans le lecteur, autant en parler!
De simples et tétonnes ballades qui n’ont rien à foutre avec le répertoire de TD. Edgar Froese est en train d’anoblir le travail de titan amorcé par Franke et Baumann et avec Schmoelling. Ed saute les plombs et gaspille une histoire mythique pour la changer en un véritable conte pour avares, égoïstes, vaniteux et sans talents. Car depuis que Baumann, Schmoelling et Franke sont partis, le vieux grincheux n’a rien foutu de bon, mis à part Mars Polaris et quelques petits cd potables ici et là. Mais là, c’est le comble.
Astrophel And Stella débute avec l’harmonica. Il s’agit du même air qui ouvre le concert du Tempodrome. Au lieu d’entendre la musique, on y entend le chanteur Chris Housle chanter les premiers versets. Sa voix est belle, sur une musique lancinante que l’on entend à peine, tant la voix prend de la place. Et c’est comme ça tout au long. Sur les 12 pièces il y a 10 ballades!!! Un peu plus et Edgar renaissait le mouvement de Barclay James Harvest, qui eux savaient écrirent et chanter. Des ballades insipides sur des thèmes tristes, avec une atmosphère morne, terne. Le seul lien avec l’anniversaire de la mort de Syd Barrett. Si vous aimez Roxy Music, Blessed Damozel. Mais ce n’est pas du Roxy Music que les fans veulent entendre, mais du TD. Edgar lui, il trippe au bout. Sa grosse guitare en bandoulière, il lance de long et platonique solos sur Dream of Death ou encore de la slide sur Man. Chris Housle a de la difficulté à chanter haut et sa voix plafonne sur One Hour Of Madness, le seul titre animé sur Madcaps Flaming Duty. Un long titre qui tourne en rond et qui n’a peu de modulations (je ne suis pas sûr qu’Eddy connaisse cela, Chris le sait lui). Il me semble qu’un bon arrangeur en studio équilibre ces déséquilibres-là.
Madcaps Flaming Duty de Tangerine Dream est un bide total. Un flop qui laissera des séquelles car elle attaque les fondements même du Dream; un album chanté sans musique électronique. Pour moi c’est un nouveau groupe qui présente un album bien ennuyant, sans émotions et sans vie. Si c’est TD, eh bien il ne reste plus qu’aux fans d’intenter un recours collectif pour fausse représentation et foutre Eddie dehors. Un navet, un manque d’intérêt pour les fans….et je cherche toujours le lien avec Syd Barrett…à moins que ce n’était que l’aspect promotionnel du lancement; Edgar est capable de tout pour équiper son studio. Un gaspillage!
15 mai 2004
Rubycon
Tangerine Dream Rubycon 1975 (34:53)
1. Rubycon Part I (17:18)
2. Rubycon Part II (17:35)
Edgar Froese : Mellotron, guitar, Gong, VCS 3 synth, organ
Christophe Franke : Double Moog synth, Gong, synth A, organ, VCS 3 synth
Peter Baumann : Organ, E-Piano, synth A voice, Arp 2600
CD Virgin 2-91009
Tangerine Dream d’hier n’a rien à voir avec celui d’aujourd’hui, d’il y a un vingtaine d’années. Je dois donner raison à notre internaute ‘’mangetout’’. Vous parler des derniers efforts de TD sans vous introduire à ses premières œuvres c’est manquer de clairvoyance. Mais qui ne connaît pas les premiers opus de TD? Voici donc le début d’une série de chroniques sur la carrière très paradoxale de Tangerine Dream.
Rubycon est le 2ième opus du Rêve Mandarin sur Virgin. Il confirme la nette tendance du trio Allemand de s’injecter à fond dans la Musique Électronique. L’association avec Virgin allait donner des petits bijoux de créations musicales. La folie Dalinéesque de Froese, unie à la docilité et l’ingéniosité de Franke, vont donner place à des kermesses musicales qui trouveront racine chez plusieurs artistes, tant de cette période que de nos jours. Avec Peter Baumann ou Johannes Schmoelling TD alignera une dizaine de chef-d’œuvres purs. Après Phaedra, voici le ténébreux Rubycon.
La 1ère partie démarre sur une séquence spatiale très flottante. Les sens en alerte, nous stagnons dans une atmosphère statique entourée d’effets sonores éclectiques. Sirènes intergalactiques aux choeurs graves, vagues de fond sonores qui font écho sur un mellotron cirant, l’ambiance se matérialise sur un roulement de percussions vaporeuses et le séquenceur embarque. Le rythme devient plus franc sur une bonne ligne basse. Les synthés multiplient leurs chants ambiants sur une cadence qui prend de plus en plus de coffre. Mellotron et percussions hétéroclites glanent le pas à un tempo qui ralentit et se recueille sur une lame plus atmosphérique. Cette douce finale se poursuit sur la 2ième partie où nous pénétrons les portes d’un monastère ambiant. Mais cette tranquillité éthérée est de courte durée. Une grosse ligne séquentielle pave la voie à des rythmes agressifs et désordonnés qui tourbillonnent autour d’effets sonores psychédéliques. Immobiles, nous sommes plaqués aux murs d’un art abstrait qui attire, qui pique l’ouïe. Une mouche qui se débat sur du ruban gommé, c’est un peu l’effet spastique de la partie II de Rubycon. Cette psychose inconséquente se termine aux portes arrières de notre monastère. L’air y est radieux, et sur une ambiance flottante, le mellotron nous flûte dans les oreilles tout le talent qui habite Peter Baumann. Nous venons de pénétrer dans le paradis, l’enfer et le purgatoire musical de la douce nébulosité artistique qui accompagnait Froese Franke et Baumann. Croyez-le ou non, la suite est encore meilleure.
28 janvier 2004
PHAEDREA 1974 (Baumann-Franke & Froese)
Phaedrea est à la MÉ ce que Sgt Pepper’s des Beatles est au rock; un album phare qui influencera une multitude de musicien et révolutionnera le monde de la musique expérimentale, psychédélique et électronique. Situons-nous dans le contexte.
Le rock progressif évolue à cire d’oreille. Pink Floyd secoue les colonnes avec l’étonnant Dark Side of the Moon. L’échantillonnage musical fait ses premiers pas et l’utilisation de séquenceur établit ses premières lignes. Toujours à l’avant-garde, la gang à Froese se procure des nouveaux équipements et concocte un premier album de rock planant qui fait entendre des harmonies, des mélodies. C’est la naissance de la Berlin School.
Très ambiant le début de l’opus se fait entendre à travers un vent métallique à résonance spectrale. Les premiers pas de la musique gothique viennent de se faire entendre. Un synthé tourbillonnant sillonne nos oreilles avec discrétion. L’ouïe en attente, le synthé s’amplifie et jette les bases d’une première utilisation d’un séquenceur dans l’œuvre de TD. Le rythme est sombre, tranchant et soutenu par un galop mellotroné qui se décompose et s’écrase sur une banquise d’effets sonores. L’air ambiant refait surface et nous entraîne dans une galaxie vaporeuse qui fume encore de ses cendres. Phaedra redéfini le genre et lance la désormais célèbre Berlin School. Les lignes séquentielles qui torturent cette pièce seront désormais un classique dans la construction des lignes séquentielles d’aujourd’hui. Souvent on peut entendre sur différents groupes de MÉ, les bases de ce titre culte. Mais cela demeure toujours une période sombre où le planant a le dessus sur le rythme. C’est donc avec un léger synthé qui se contorsionne que Mysterious Semblance at the Strand of Nightmares suinte ses larmes. Un titre fantomatique qui s’étire littéralement pour faire une mélodie surréaliste. Très statique, la pièce n’en demeure pas moins attirante avec son côté austère. Toujours dans une ambiance spectrale/spatiale Movements of a Visionary prend forme autour de bruits atmosphériques. Tel l’œil d’un cyclone, les notes virevoltent sur elles-mêmes et se fondent dans un néant intemporel. Sequent C clôt par une flûte éthérée qui plane et fond en silence. L’empreinte de Peter Baumann.
Même avec nos oreilles d’aujourd’hui, Phaedra a à peine vieilli d’une ride. L’enveloppe musicale est dense. Les synthés et le mellotron n’ont plus de secret pour le trio Allemand qui enclenchera une série d’albums fort délicieux qui changeront la perspective de cet art contemporain. Album culte, album phare les premiers coups de séquenceurs créant une mélodie ont surpris et charmés. Un coup de génie culturel qui n’a d’égal que les classiques modernes.
En 2005 Phaedra a été repris et remixé par Edgar Froese, et son fils Jérome, sur l’étiquette EastGate. Les puristes ont hennis au scandale. Je suis partagé. S’il est vrai que ce remixage a honni l’ambiance analogue des années 70, il n’en demeure pas moins intéressant pour ceux qui ont découvert le rêve mandarin que sur le tard. Par contre, à choisir entre la première version et celle de 2005, Phaedra 74 l’emporte haut la palme. Un cd à posséder, ne serait-ce que pour comprendre les racines de l’évolution de la MÉ.
1.Phaedra (16:45)
2.Mysterious Semblance at the Strand of Nightmares (10:35)
3.Movements of a Visionary (7:55)
4.Sequent C (2:17)